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SOPK – Qu’est ce ?

SYNDROME DES OVAIRES POLYMICROKYSTIQUES

Ou POCS – Polycystic Ovary Syndrom

Il y a environ 8 ans j’ai été diagnostiquée « SOPK »… Nombreuses d’entre nous en sont atteintes sans le savoir. J’ai décidé de partager avec vous les travers de cette maladie. Comment j’ai réussi à être diagnostiquée, les symptômes caractéristiques, ce qui est le plus difficile à supporter pour moi, mon expérience de vie pour les atténuer…

Le saviez-vous ?

1 femme sur 10 est concernée par cette maladie hormonale MAIS seulement 50% en ressentent les symptômes. Et 68% ne sont pas diagnostiquées…

C’est la première cause d’infertilité féminine (rareté/absence d’ovulation).

Les causes possibles …

Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1935 par « Stein et Leventhal ». Au début, les recherches laissent penser qu’il s’agit d’un facteur héréditaire mais il s’avère que l’expression des caractéristiques soit influencée par les facteurs environnementaux (l’exercice physique, l’alimentation).

Actuellement, on considère que SOPK est une maladie multigénique et multifactorielle.

  • Pour les facteurs héréditaires : les chercheurs s’intéressent à une région chromosomique particulière, le locus 19p13.2.
  • Pour les facteurs environnementaux :
    • l’origine ethnique
    • l’impact durant la croissance intra-utérine
      • une exposition excessive à des facteurs androgènes lors de la grossesse de votre mère
      • des facteurs de restriction de la croissance intra-utérine

Les symptômes …

Ce trouble endocrinien (hormonal) rassemble les critères suivants :

  • HYPERANDROGENIE (cycles menstruels irréguliers ou absents)
  • HYPERINSULINISME
  • TROUBLE DE LA FOLLICULOGENESE
  • HIRSUTISME
  • ACNE
  • PREVALENCE A L’OBESITE (prise de poids anormale)
  • PROLIFERATION DE MICROKYSTES OVARIENS

Nous allons détailler quelques caractéristiques afin de vous faire comprendre au mieux cette maladie méconnue.

FOCUS SCIENTIFIQUE

L’augmentation de la synthèse et de la sécrétion des androgènes par les ovaires est une caractéristiques essentielle du SOPK. Car elle est le reflet d’un fonctionnement excessif des ovaires (cellules thécales) du à l’action combinée de divers facteurs extra et intraovariens ou encore génétiques…

Les dernières recherches semblent montrer que l’hypersécrétion d’androgènes serait due à une activité accrue d’enzymes promotrices du codage des certains gènes.

Outre les facteurs génétiques, il est avéré que des facteurs extra et intraovariens sont caractéristiques de la maladie.

  • FACTEURS EXTRAOVARIENS :
    • LH (hormone lutéinisante) : elle stimule directement la sécrétion des androgènes ovariens. Ce sur-fonctionnement serait indirectement lié une altération du complexe hypothalamo-hypophysaire.
    • L’INSULINE : l’hyperinsulinémie est un facteur aggravant l’hyperandrogénie. Plusieurs mécanismes dans l’organisme, d’inhibition ou d’activation anormale, favorisent une sécrétion excessive d’insuline
  • FACTEURS INTRAOVARIENS :
    • INHIBINES : c’est une glycoprotéine (hormone peptidique) sécrétées chez la femme dans le granulosa (couche de cellules folliculeuses entourant l’ovocyte). Elles ont un effet antigonadotrope, cela signifie qu’elle bloque l’action des hormones et donc le fonctionnement ovarien. Elles agissent par une action dite « paracrine », c’est un messager chimique qui agit autour des cellules avoisinantes, ici les cellules thécales responsables de la biosynthèse des androgènes.
    • DYSREGULATION INTRINSEQUE DES CELLULES THECALES : pour faire plus simple un dysfonctionnement des cellules responsables de la synthèse des androgènes en milieu intraovarien.
  • TROUBLES DE LA FOLLICULOGENESE :
    • EXCÈS DE CROISSANCE FOLLICULAIRE : en partie responsable de l’augmentation de la sécrétion d’androgènes.
    • DÉFAUT DE SÉLECTION DU FOLLICULE DOMINANT : dû à une action prématurée de la LH ou un défaut d’action de la FSH.
    • OVOCYTE : moins bonne qualité de production pouvant amener à la stérilité …
  • GÉNÉTIQUE : les études laissent entendre que les facteurs héréditaires donnent une prévalence à l’expression de la maladie de l’ordre d’environ 40%.

Le graphique ci-dessous met en évidence que la maladie évolue dans le temps de même que les symptômes. Plus on avance dans le temps, plus la maladie interfère dans le fonctionnement global de notre métabolisme, notamment sur le métabolisme des glucides via le diabète de type 2 !

LES SYMPTÔMES « TERRAIN » …

Au quotidien certains signes sont des pistes sérieuses qui peuvent laisser penser que vous êtes sujette au SOPK :

  • Des règles irrégulières, des cycles espacés au delà de 35 jours, des règles douloureuses, …. voir l’absence de flux (aménorrhée) !
  • De l’acné à certaines périodes du cycle.
  • Une tendance à prendre du poids facilement.
  • Une pilosité sur des zones plutôt masculine (visage, menton, poitrine, ligne blanche, cuisses …) et une texture de poil différente (durs et pigmentés).
  • Signes de virilisation (voix rauque, hypertrophie musculaire, mircomastie, buffalo-neck…)

Quid du diagnostic …

D’un point de vue clinique, depuis 2003, le consensus de Rotterdam a fixé les règles de diagnostic médical. Seulement 2 critères sur les 3 suivants sont suffisants pour être déclaré atteinte de SOPK.

  • Oligo et/ou anovulation : petite quantité d’ovulation ou absence
  • Hyperandrogénie
    • clinique : hirsutisme, acné, virilisation
    • et/ou biologique : dosage hormonal anormal (Testostérone, androgène, DHEA…)
  • Aspect échographique d’ovaires polymicrokystiques : Au moins 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre par ovaire et/ou de volumes ovariens supérieurs à 10 ml par ovaire.

Pour ma part, j’ai un SOPK présentant les symptômes suivants : phase d’aménorrhée (dont une de 3 ans) et d’oligo-ovulation, hirsutisme, acné avant les règles, virilisation de la voix, dosage hormonal anormal, ovaire polymicrokystique ! Il s’agit d’un cas cumulant un grand nombre de dérèglements .

Toutes les femmes diagnostiquées SOPK ne sont pas forcément atteintes au même degré. Certains cas sont « légers » surtout des troubles structurels (kystes aux ovaires & règles irrégulières) ; alors que d’autres sont plus « lourds » car il y a une atteinte biologique (hormones). Plus les troubles hormonaux sont conséquents plus les risques de dysfonctionnement des systèmes de régulation du corps sont grands.

Quid de la prise en charge …

Avant de vous parler du suivi médical, je vais déjà vous parler de comment j’ai réussi à être diagnostiquée … Car c’est toute une aventure !

Depuis que j’ai eu mes premières règles, mes cycles étaient rares et chaotiques, douloureux au point de m’empêcher de travailler ou de dormir… J’ai même eu une période d’aménorrhée de plus de 3 ans après ma première et dernière grossesse ! Au début j’ai mis cette absence de règle sur le dos de la fatigue à cause du nouveau rythme de vie de maman et de mon travail. Et mes médecins en ont fait de même. Mais après plusieurs mois, la fatigue chronique s’installait, tout m’épuisais. Outre, la fatigue j’avais observé l’apparition accrue de poils disgracieux (noir et dru) sur le visage, le menton, le cou, la poitrine, la ligne blanche et l’arrière cuisse…

Toute cette fatigue ne pouvait être le simple fait du stress ! J’ai donc demandé un bilan sanguin complet (hormones sexuelles comprises). Les résultats étaient troublant. Je suis allée consultée un endocrinologue, à qui j’ai demandé un complément d’analyse sanguine sur d’autres hormones… J’avais comme une intuition (mes années d’études en biologies m’ont fortement aidées). Ce complément d’analyse confirmait mes soupçons. Afin d’être sûre du diagnostic potentiel une échographie a été prescrite et la présence d’une multitude de kystes ovariens a confirmé les résultats biologiques et cliniques j’étais atteinte de SOPK !

J’ai mis presque 6 mois pour établir le diagnostic et je ne peux remercier que ma ténacité et mes connaissances scientifiques… Le corps médical mettaient spontanément tous mes symptômes sur le « STRESS« . Et même si c’est vrai que ça influence énormément notre corps, ça a tout de même des limites !


Concernant la prise en charge suite au diagnostic. Il faut s’orienter auprès d’un endocrinologue spécialisé en SOPK car ils ne savent pas tous quel est l’accompagnement nécessaire. Vous pouvez trouver des endocrinologues en cabinet ou en hôpital.

Ils proposent bien sûr des traitements à base d’hormones, pour celles présentant des signes d’ordre biologiques ou souhaitant favoriser leur fertilité. L’intention de ces traitements étant de rétablir des taux d’hormones féminines normatives. Il n’existe aucun moyen de guérir de la maladie actuellement, on peut seulement atténuer les symptômes.

Ce qu’on ne vous explique pas ce sont les effets secondaires de ces traitements sur le long terme … Car si vous commencer votre traitement pour réguler l’apparition de vos règles, limiter la prise de poids, limiter l’hirsutisme, … vous ne pourrez plus vous en passer. Ce traitement vous accompagnera pendant des années.

Mais ces molécules ont un impact sur d’autres voies métaboliques de l’organisme, notamment l’hyperinsulinémie. Et oui, l’ingestion de certains traitements hormonaux (même des pilules), favorisent l’apparition de diabète de Type 2 dans le temps.

Si vous avez de la chance les symptômes du diabète de Type 2 arriverons assez tard, vers l’âge de la ménopause. Et quand vous prendrez du poids, on ne vous dira pas que c’est peut-être un « faux » diabète de type 2 mais simplement que c’est la ménopause … !

Mais pour d’autres comme moi cela peut arriver bien plus tôt. J’ai pris un traitement pendant 4 ans, pensant bien faire. Cela à favorisé une prise de poids dans les cuisses et limité la prise de poids dans le haut du corps. Les hormones ingérées accentues les caractéristiques morphologiques féminines. J’avais des règles plus régulières et un peu moins douloureuses. Une limitation du développement de la pilosité…

MAIS , j’ai déclaré un diabète de Type 2, j’allais avoir 32 ans. En l’espace de 4 semaines j’ai pris 12 kilos ! Outre la prise de poids, il y avait l’incompréhension, la fatigue chronique et le mal être… Mais j’en parlerai dans un second article consacré au diabète de Type 2.

J’ai décidé d‘arrêter le traitement pour SOPK quelques mois après mon diagnostic du diabète en accord avec l’endocrinologue car je ne souhaitais pas dégrader plus la capacité de mon organisme à s’auto-réguler.

J’ai entrepris de me renseigner sur d’autres protocoles à l’étranger pour lutter contre la maladie. Car même si on a mis un nom sur ce trouble… il n’existe pas de traitement… juste des pilules permettant de limiter les effets de la maladie mais rien pour rétablir l’ordre des choses ! Et consommer des cachets au quotidien sur du long terme il ne faut pas se mentir ça cause forcément des toxicités et des effets secondaires pour notre organisme.

Info : si vous optez pour le traitement faites attention certaines molécules ne sont pas prises en charges par la sécu !

Pour le traitement vous connaissez le process et mon avis mais il s’agit de vous, à vous de faire votre choix maintenant que vous avez toutes les cartes en main. J’aurais aimé savoir tout cela avant de suivre bêtement la médecine traditionnelle.

Mais il n’y a pas que les hormones dans l’histoire, il y a aussi les préjudices cliniques / physiques

  • Quid du changement de voix : rien … vous devrez donc essuyer quelques remarques désagréables.
  • Quid de la pilosité : rien non plus, l’hirsutisme n’est pas considéré comme une raison suffisamment dégradante pour nécessiter une prise en charge du traitement de solution durable type épilation laser ou lumière pulsée. C’est tout à votre charge ! Vous pouvez identifier votre degré d’hirsutisme via le score de Ferriman et Gallwey.
  • Quid de l’acné : rien …
  • Quid de la prise de poids : aucun accompagnement non plus !

En bref, débrouillez vous …

Mon sentiment est le suivant : même si cette maladie atteint potentiellement 10% de la population féminine ; le corps scientifique estime que les symptômes sont supportables et qu’elle ne mérite pas plus d’attention que ça.

Quelques conseils pour limiter la casse …

  • Perdre du poids : les femmes en surcharge pondérale peuvent inverser tout ou partie des troubles métaboliques via la perte de poids.
  • Adapter son alimentation avec des aliments à charge glycémique basse et augmenter la consommation d’isoflavones (tofu, haricots, lentilles, pois chiches, fenouil, noix et graines), éviter l’alcool et le tabac, éviter les glucides raffinés et industriels (gâteaux, biscuits, pâtes, riz, gâteaux, pain blanc).
  • Faire une activité physique régulière et quotidienne de 45 à 60 minutes en favorisant la prise de muscle aux activités d’endurance.

Tout est lié, à mon sens il est impératif d’entreprendre une démarche globale afin d’inscrire une nouvelle hygiène de vie dans votre quotidien. D’une part, adapter votre alimentation à votre pathologie en choisissant les bons aliments mais en ne négligeant rien, il vous faut toutes les sources nécessaires au bon fonctionnement de votre corps (glucides, lipides, protéines, vitamines, minéraux et eau). Manger les quantités adaptées à vos paramètres personnels (taille, poids, âge, activité, … maladie) en vous faisant accompagner par des professionnels expérimentés. Et surtout un des paramètres « magique » construire du muscle. Vous n’allez pas vous transformer en bodybuildeur ! Mais construire du muscle va vous permettre de relancer votre métabolisme, de le stimuler pour l’aider à fonctionner à son plein potentiel, d’augmenter sa capacité … Votre corps fonctionnera mieux, consommera plus de calories et bénéficiera d’une effet anti-âge et prévention contre les maladies.

Activité physique : Le protocole médical préconise les activités de type « cardio ». Ces activités sont principalement consommatrice de lipides. Alors que la musculation permet de consommer du glucose, donc du sucre. Ce qui est intéressant pour cette pathologie qui prédispose à l’augmentation du taux de sucre circulant dans le sang.

Pour celles qui veulent savoir comment je gère tout ça sans médicaments vous avez déjà quelques pistes ci-dessus. Vous retrouverez plus de détails sur un prochain article consacré au diabète de Type 2.

Surtout n’hésitez pas à me poser vos questions et me faire part de vos commentaires.

A bientôt – Nina


  • SUPER – ALIMENTS « SOPK » :
    • Les isoflavones : impact sur les hormones féminines et l’ostéoporose
    • Le chrome : impliqué dans la régulation du glucose et peut améliorer la résistance à l’insuline
    • La pomme : ses flavonoïdes préviennent la dégradation des cellules du pancréas productrices d’insuline chez les sujets intolérants au glucose
    • L’orange sanguine : renferme une substance qui accroît la sécrétion d’insuline et permet d‘augmenter la tolérance au glucose
    • L’ail noir : inhibe l’accumulation des cellules graisseuses
    • Fruits secs : apportent des éléments phytochimiques tel que les oestrogènes (noix de cajou, noisettes, huiles, amandes…)
    • L’huile d’olive : renforce l’action de l’insuline – Le thé (oolong, vert) : réduit les risques de diabète de type 2 de 30% avec une consommation journalière d’environ 1,5 litres
    • La cannelle : renforce la production d’insuline dans les cellules bêta du pancréas (baisse de 10 à 30% les taux de glucose)
    • Les poissons gras : la consommation hebdomadaire de poisson gras réduit les risques de maladies cardiovasculaires
    • Le vitex agnus castus – Gattilier : améliore l’équilibre hormonal (pris sous contrôle médical)
  • SOURCES SCIENTIFIQUES :
    • INSERM dossier d’information SOPK
    • CHU de Bordeaux – Article du Dr S. FRANTZ-BLANCPAIN

Auteur

ninafit4life@gmail.com

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